Le débat a commencé...
Jeunes, ne vous trompez pas de cible : vos ennemis sont les syndicats réactionnaires. S’ils avaient le courage de s’adapter, les entreprises se remettraient à embaucher. Ces dernières doivent s’adapter tous les jours : environnements concurrentiel, législatif, fiscal, social... C’est pour elles une question de survie. Si elles ne s’adaptent pas, ces personnes morales – mais personne tout de même – meurent. C’est aussi simple que cela. Si notre chasseur préhistorique ne sait plus chasser, il meurt. C’est exactement la même chose. La confrontation quotidienne à la dure réalité vivifie les entreprises, les rend naturellement positive. Pour survivre, elles n’ont pas d’autre choix que la positivité. Mais les syndicats réactionnaires sont malsains, car négatifs ; même s’ils ne s’adaptent pas, ils peuvent continuer à vivre grâce aux subventions, aux cotisations… Pire, ils gênent les autres dans leur survie ! Pire encore : on les remercie de nous plaindre ! Bravo ! Vous vénérez la maladie, vous vénérez la mort qui s’approche ! Alors, je vous le demande : cessez de défiler avec eux ! Quel couple nihiliste par excellence que le cocktail jeunesse-syndicalisme ! Et on veut nous faire croire qu’ils ont les mêmes objectifs ! Nous avons tous bien conscience, comme disait Jean Cocteau, que « la jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut », mais enfin, tout de même, ouvrez les yeux jeunes de France : le syndicalisme archaïque tue la jeunesse ! Voilà votre pire ennemi ! Savez-vous pourquoi ? Parce qu’il a construit ses combats, et conséquemment son identité, son idéologie, sur un Ancien Monde qui n’est plus, qui ne correspond absolument plus au monde dans lequel vous vivez. Les XIXe et XXe siècles vous étouffent. L’air malsain des hauts fourneaux et des puits à charbon flotte autour de vous ; gris, il vous empêche de voir le ciel, l’avenir. Cesser de vous tromper de cible : ne vomissez pas sur les politiques qui tentent de libérer les esprits, sur les entreprises qui veulent se développer, mais plutôt sur les syndicats qui laissent le passé tuer le présent, et donc votre avenir.
Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"
On en a déjà beaucoup parlé, mais je vais en remettre une petite couche, à ma sauce, car c’est un exemple de révolte de la jeunesse qui me parait intéressant. Le C.P.E. (Contrat Pour l'Emploi) fut une formidable avancée sociale des travailleurs et, à ma connaissance, il n’y a pas de précédent dans l’Histoire : la grève généralisée avant même de n’avoir jamais commencé à travailler ! Le monde entier nous reconnaît cette supériorité, cette capacité à nous projeter dans le futur des acquis sociaux. Bravo ! Mort de rire. Le monde entier a bien ri grâce à vous, jeunes de France, biens aidés, il faut le reconnaître, par le syndicalisme français, toujours là quand il s’agit de gratter un peu plus, quelles qu’en soient les conséquences, et par le peuple de gauche au « grand cœur » – à droite il n’y a que des salauds de bourgeois c’est bien connu – toujours là pour exprimer sa pitié envers ceux qui souffrent, que cette pitié soit utile ou non n’a aucune importance puisque la pitié c’est beau de toute façon !
Le C.P.E. était, en plus de la dynamique qu’il pouvait créer pour vous aider à trouver du travail, une chance formidable de vous aider à connaître la difficulté dans un contexte économique réel. Flirter une fois au moins avec la précarité constructive, celle de celui qui travaille et qui peut être mis dehors au bout de quelque temps s’il n’est pas bon. Tout comme notre chasseur préhistorique qui, s’il ne parvient pas à tuer un animal au bout de quelques jours, meurt de faim. Voilà ce que je vous souhaite de tout mon cœur. Car lorsqu’on connaît cette précarité-là, on n’a plus envie d’y retourner. Plus jamais. Mais c’est un passage obligé.
N’ayez pas peur ! Deux ans pendant lesquels on peut être licencié du jour au lendemain ? C’est justement cela que vous devriez souhaiter et demander comme condition d’embauche ! Les banques n’accepteront pas de vous prêter de l’argent pour acheter un appartement ? Soyez content déjà de pouvoir dormir au chaud dans un appartement de location grâce à votre salaire et non plus grâce à papa-maman ou à l’allocation chômage ! Le C.P.E. était une formidable chance de devenir adulte, de laisser Peter Pan derrière vous, mais vous l’avez refusée.
Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"