Le débat a commencé...
On en a déjà beaucoup parlé, mais je vais en remettre une petite couche, à ma sauce, car c’est un exemple de révolte de la jeunesse qui me parait intéressant. Le C.P.E. (Contrat Pour l'Emploi) fut une formidable avancée sociale des travailleurs et, à ma connaissance, il n’y a pas de précédent dans l’Histoire : la grève généralisée avant même de n’avoir jamais commencé à travailler ! Le monde entier nous reconnaît cette supériorité, cette capacité à nous projeter dans le futur des acquis sociaux. Bravo ! Mort de rire. Le monde entier a bien ri grâce à vous, jeunes de France, biens aidés, il faut le reconnaître, par le syndicalisme français, toujours là quand il s’agit de gratter un peu plus, quelles qu’en soient les conséquences, et par le peuple de gauche au « grand cœur » – à droite il n’y a que des salauds de bourgeois c’est bien connu – toujours là pour exprimer sa pitié envers ceux qui souffrent, que cette pitié soit utile ou non n’a aucune importance puisque la pitié c’est beau de toute façon !
Le C.P.E. était, en plus de la dynamique qu’il pouvait créer pour vous aider à trouver du travail, une chance formidable de vous aider à connaître la difficulté dans un contexte économique réel. Flirter une fois au moins avec la précarité constructive, celle de celui qui travaille et qui peut être mis dehors au bout de quelque temps s’il n’est pas bon. Tout comme notre chasseur préhistorique qui, s’il ne parvient pas à tuer un animal au bout de quelques jours, meurt de faim. Voilà ce que je vous souhaite de tout mon cœur. Car lorsqu’on connaît cette précarité-là, on n’a plus envie d’y retourner. Plus jamais. Mais c’est un passage obligé.
N’ayez pas peur ! Deux ans pendant lesquels on peut être licencié du jour au lendemain ? C’est justement cela que vous devriez souhaiter et demander comme condition d’embauche ! Les banques n’accepteront pas de vous prêter de l’argent pour acheter un appartement ? Soyez content déjà de pouvoir dormir au chaud dans un appartement de location grâce à votre salaire et non plus grâce à papa-maman ou à l’allocation chômage ! Le C.P.E. était une formidable chance de devenir adulte, de laisser Peter Pan derrière vous, mais vous l’avez refusée.
Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"
L’optophobie c’est la peur d’ouvrir les yeux. Voilà une pathologie que l’on croit rarissime dans les milieux médicaux, mais qui est pourtant généralisée en France. Presque tous les Français en souffrent. Ils préfèrent garder les yeux fermés dans un monde de rêves plutôt que de les ouvrir sur la réalité. Mes nombreux voyages en Europe, en Asie, en Afrique et aux États-Unis me laissent à penser que cette maladie est particulièrement répandue en France. Une mauvaise nouvelle pousse souvent au sursaut, mais pas chez nous. Malgré la phase de décadence dans laquelle ils vivent actuellement, les Français ne tentent pas d’ouvrir les yeux sur la réalité, ils préfèrent continuer leurs rêves en attendant que cela se passe, que cela s’arrange, un peu comme dans un avion en train de tomber, de plus en plus vite, les passagers restants tremblants mais bien sagement assis à ne rien faire ; ils espèrent qu’un sauveur va surgir tout à coup, ils y croient de plus en plus fort à mesure que l’avion s’approche du sol ; à ce stade ils sont prêts à suivre n’importe qui. Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles de 2002 n’était qu’un signe avant coureur ; le pire est sans doute à venir.
L’hypégiaphobie c’est la peur des responsabilités. Là encore, cette triste maladie touche surtout les Français, de plein fouet. Ils se moquent complètement des conséquences de leur immobilisme sur les générations futures. Autrement dit, leur amour parental sonne creux, ils s’inquiètent peu de leurs propres enfants. Seuls leur importent leurs petits avantages présents. Ils ne veulent pas entendre parler d’environnement concurrentiel, de remise en question de l’âge de la retraite, de certains avantages sociaux… Après eux, le déluge.
Ces deux pathologies françaises se nourrissent les unes les autres si bien que plus le temps passe, plus on s’enferme dans des idéaux, plus on brille d’irresponsabilité. Les plus atteints souffrent en plus de phobophobie (peur d’avoir peur), voire de pantophobie (peur de tout).
Comment en est-on arrivé là ?
D’abord, l’État français, hyper protecteur, rend impossible l’accès à la maturité de ses enfants, les petits Français (de tout âge). Ceux qui ont procréé savent (ou devraient savoir) qu’il y a forcément un moment dans l’éducation où l’on doit laisser ses enfants aller à l’encontre des difficultés, les lâcher dans la jungle de la vie, les pousser à affronter la concurrence (à l’école, la force physique et morale des copains, en amour…) afin qu’ils commencent à réactiver leur instinct de survie naturel (endormi par l’hyper protection parentale). Un fameux proverbe chinois dit qu’il est préférable d’enseigner les techniques de pêche à quelqu’un plutôt que de lui donner un poisson. C’est le principe même d’une bonne éducation. Donner indéfiniment de la nourriture et de la protection à l’élève est dangereux et irresponsable, car lorsque le maître disparaît, l’élève meurt de faim. En revanche, si celui-ci a appris à se procurer son pain quotidien et à se protéger, à la fois l’élève et le maître sont libérés. Mais si l’élève (le citoyen) est toujours protégé, alors, lorsque le maître (l’État, l’économie…) va mal, la peur s’empare de celui-là, il ne sait plus quoi faire et il se met à faire n’importe quoi.
Ensuite, ...
Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"