Bienvenue dans le blog du livre "Français, réveillez-vous!", un regard décalé et décapant sur la France par un Français de l'étranger.
Le débat a commencé...
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 02:15
Trois magazines dont Le Nouvel Economiste parlent longuement du Syndrome de Peter Pan, thème du livre "Français réveillez-vous!"... Ces articles sont visibles sur http://www.francais-reveillez-vous.net/pages/Articles_de_presse-2369830.html
Par Michaël Doukhan - Publié dans : Divers - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 09:07
Par Michaël Doukhan - Publié dans : Divers - Communauté : A nous les livres!
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 05:21

« Ne dites jamais à un homme d'État ou à un grand patron qu'il a su préparer sa succession. Si vous voulez lui faire vraiment plaisir, bornez-vous à prédire qu'après lui ce sera le chaos. »

Philippe Bouvard

 

À bien y regarder, on peut voir beaucoup d’enfantillage dans le comportement de nombreux patrons qui justifient leur fonction essentiellement dans le fait de décider. Le patron qui pense être patron parce que c’est lui qui décide peut être vite tourné au ridicule : on l’imagine en culotte courte en criant à tue-tête, sans que personne ne l’écoute : « c’est moi qui décide, c’est moi qui décide ! » Le parallélisme entre le doux sentiment d’être le patron et le monopole de la décision est bien trop répandu dans l’Hexagone. Sans qu’il n’y ait de véritable lien entre l’observation de ce phénomène et la taille de l’entreprise, il semble clair cependant que plus l’entreprise est importante et à rayonnement international, plus le patron doit savoir gérer la complexité, et moins il est enfermé dans cet enfantillage. Seuls les patrons petits d’esprits (comme des enfants qui n’ont jamais été confrontés qu’à de petits problèmes) se glorifient de leur pouvoir de décision.

En effet, lorsque l’entreprise se globalise, il devient de plus en plus évident qu’une seule personne ne peut pas prétendre au monopole de la décision. Les Japonais l’ont compris avant tout le monde : dans l’archipel nippon, personne ne décide ! Le patron n’est aucunement le décideur, mais celui qui sait fédérer plusieurs opinions différentes sur un problème donné ; il organise la confrontation de ces opinions par diverses méthodes (meetings verticaux entre managers et simples employés d’un même département de l’entreprise, meetings horizontaux entre différents départements, analyses concurrentielles…) jusqu’à ce que la bonne solution prenne forme naturellement. Cela prend du temps (les Occidentaux sont exaspérés par la lenteur du processus de décision des Japonais), mais lorsque la décision émane d’elle-même dans un consensus au sein de l’entreprise, tout va ensuite très vite, car tout a été pensé, envisagé, en amont. On pourrait illustrer cette idée avec la blague de la construction d’un immeuble. L’entreprise japonaise aura besoin de six mois de conception et de six mois de construction (lente conception, mais tout va très vite ensuite, car tout a été prévu lors de la conception). Résultat : douze mois. L’entreprise française n’aura besoin que de deux mois pour la conception (car le patron aura su décider rapidement !), mais lorsque la construction commence mille problèmes non pensés en amont apparaissent (la taille des portes livrées ne correspond pas à l’encadrement moulé…) et à force de corrections et de modifications, elle aura besoin d’un an et demi pour la phase de construction. Résultat : vingt mois !

Le patron mûr est un fédérateur avant tout, certainement pas un décideur pour le plaisir de décider. Même s’il est celui, dans tous les cas, qui appose sa signature en fin de processus de décision, le patron adulte valide un large consensus et a ainsi toutes les chances de conduire son entreprise vers le succès. Le patron gamin signe seul – avec une fierté ridicule –, sa version de la sortie d’un problème, sans avoir validé largement auprès des autres que c’était bien la meilleure approche possible. Sa jouissance dans le fait de décider est d’ordre psychopathologique, souvent très éloignée de l’intérêt de l’entreprise.

 

 

Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"  

  

 

 

Par Michaël Doukhan - Publié dans : Patronat - Communauté : Politique française
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 05:19

Il y a quelque temps, je suis retourné dans mon pays natal, Grenoble. J’aime cette ville entourée de montagnes qui conduisent à l’humilité devant cette impressionnante nature. Je déambule dans les rues de ma jeunesse, place Grenette, la vieille ville, les quais… me laissant aller à mes émotions. Je m’engage sur les grands boulevards et la pluie se met à tomber. La marche est encore longue pour aller jusque chez ma mère. Je décide alors de prendre le bus. Il arrive et, comme chantant sous la pluie, je tends avec un sourire – un peu ridicule en ces temps où tout le monde s’adonne à la tristesse – un billet de cinquante euros au chauffeur. Soudain, le monde bascule. Sans me regarder, après un soupir d’exaspération, il me jette sur un ton de haine sournoise et contenue « vous n’avez pas la monnaie ? » Encore sous l’effet de l’adrénaline bienfaisante de mes souvenirs d’enfance, je lui réponds calmement « non, Monsieur, je n’ai que ce billet ». C’en est trop pour ce chauffeur que visiblement je suis venu déranger en entrant dans son bus ; il se lâche davantage cette fois et sa haine commence à sortir de ses tripes : « C’est toujours pareil ! Vous ne pouviez pas penser qu’il faut prévoir de la monnaie avant de prendre le bus ? Partout vous pouvez faire de la monnaie en ville ! » Je suis scotché. Sans doute n’ai-je plus l’habitude après toutes ces années passées en Asie, sans doute suis-je complètement « à-côté de la plaque » dans mon propre pays. Ce qui m’insupporte, c’est le ton, la manière. Alors, je décide de lui répondre : « Cher Monsieur, je n’apprécie guère le ton sur lequel vous me parlez. Je vous rappelle que je suis un client et que, en partie grâce à moi, vous serez payé à la fin de ce mois ». Mais rien ne l’inquiète et, un sourire en coin, il me jette : « au cas où vous le ne sauriez pas, je serai payé de toute façon ! » Argument implacable. Je tente autre chose : « Voyez-vous, j’ai vécu au Japon plusieurs années puis maintenant en Chine ; dans ces pays le client est roi ; si l’on estime avoir été mal servi, on peut se plaindre et on obtient souvent gain de cause ». Je prenais ainsi le risque d’un plaidoyer sur les limites de la liberté en Chine, mais visiblement, sûr de lui et se moquant bien de mon argumentation, il me répond « eh bien allez vous plaindre à qui vous voulez, mais la prochaine fois tâchez d’avoir la monnaie ; voilà votre monnaie justement ; maintenant ma caisse est vide et il va falloir que je fasse la monnaie moi-même ! » Ce qui importe, c’est la préservation au millimètre de son petit monde, de ses petites habitudes. Si quelqu’un, quel qu’il soit (il ne m’a toujours pas regardé dans les yeux), perturbe un peu son univers bien huilé, il devient un ennemi. Il n’y a rien à faire me dis-je, mais, avant d’aller m’asseoir, je ne peux pas m’en empêcher : « Voyez-vous, Monsieur, si vous étiez indépendant, si ce bus était votre propriété, s’il était votre unique gagne-pain, il est probable que vous m’auriez regardé dans les yeux et dit « bonjour » quand je suis entré, assez content d’avoir un nouveau client, que vous auriez bien plus de monnaie que vous n’en avez, et si vous n’en aviez pas eu, il se peut même que, tournant en dérision ce petit problème de billet de cinquante euros, nous soyons devenus copains. » Il ne m’écoute plus. Il reste dans son monde et me renvoie vers le mien. Impossible communication.

 

 

Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"

  

 

Par Michaël Doukhan - Publié dans : Fonctionnariat - Communauté : Politique française
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 05:18

L’éducation nationale française ? Voilà un vaste sujet, gros comme un mammouth dans un couloir : il bloque tout le reste. Il est l’expression la plus révélatrice de l’état d’esprit des Français : individuellement ils veulent tous que cela change ; collectivement, personne ne veut rien changer !

 

Piètres résultats !

Ces dix dernières années, le budget de l’éducation nationale a cru de 23 % alors que les effectifs d’élèves ont baissé de 55 000 (-4,5 %). Pour quel résultat ? Moins d’un tiers des écoliers et un quart des collégiens maîtrisent les enseignements de base. Sortons enfin de notre esprit le mythe que notre enseignement est le meilleur du monde : les performances d’un Français de 15 ans sont péniblement dans la moyenne des pays de l’OCDE. Il en résulte que les parents se tournent de plus en plus vers le privé : « le public a perdu près de 100 000 élèves en cinq ans alors que le privé est globalement parvenu à maintenir ses effectifs. Certaines académies, comme celles de la région parisienne, enregistrent même des hausses. L'écart serait plus important encore si le privé n'était pas obligé de refuser du monde : 30 000 demandes d'inscriptions n'ont pu être honorées cette année, 23 000 l'an dernier» (Sophie Roquelle (Le Figaro du 20 septembre 2006).

 

Prof à l’école prof dans la vie

Trop de profs considèrent qu’ils détiennent a priori, par leur fonction, la vérité. Avez-vous déjà entendu parler certains d’entre eux en dehors de leurs heures de travail ? Si on les observe bien, on s’aperçoit qu’ils continuent à être en salle de classe : ils parlent, sans écouter les autres – pas même leurs plus proches amis –, ils répandent leurs paroles. C’est assez pénible si on ne les regarde pas comme des pantins. Ces profs se raccrochent à leur vérité, celle qu’ils professent tous les jours. Ils s’écoutent parler comme ces femmes qui se regardent faire l’amour : agaçantes, elles ne se donnent pas vraiment et donc n’apportent aucun plaisir. C’est un one man show, il n’y a pas d’échange. C’est ce qu’on appelle une déformation professionnelle. Reconnaissons que tous ne sont pas ainsi heureusement !

 

De l’emploi à vie

Nos instituteurs, professeurs… sont tranquilles : sauf faute gravissime (comme un acte pédophile, et encore, pour punition on les envoie vers une autre école !) ils garderont leur métier jusqu’à la retraite. Ils ont cette fabuleuse faculté d’être hors du quotidien changeant, hors du temps. Ils sont divins. Aucune obligation de se remettre en question (Dieu se pose-t-il des questions ?) Ils avancent par l’ancienneté et l’inspection est rarissime. Ils flottent au-dessus de leurs compatriotes, très haut dans le ciel, porté par les ailes de l’emploi à vie, voie royale (que dis-je divine) vers l’enfermement intellectuel. L’autre effet pervers est le nombrilisme : sans aucune connaissance du privé, beaucoup pensent que leur travail est particulièrement pénible, sans équivalent dans la population active !

Mais à quoi bon continuer ? Je sais bien que je prêche dans le vide. Tous les profs ont la sympathie des Français. Ils sont intouchables. Et nos enfants, qu’en pensent-ils ? On ne leur demande pas leur avis. Simplement, vers vingt ans, ils comprendront les carences et faiblesses du système éducatif français. Bien sûr, pour eux, il sera trop tard.

Pour dynamiser chaque enseignant – et conséquemment l’éducation nationale –, la plus importante des mesures à prendre est de supprimer immédiatement l’emploi à vie dans cette administration (dans les autres également, j’en parlerai plus loin). Que tous les enseignants qui ne sont pas d’accord, qui oseraient même verser une petite larme sur cet ancien privilège, sortent illico des rangs, libèrent nos écoles et aillent cultiver des salades plutôt que d’en raconter à nos enfants !

 

 

Extrait du livre "Français, réveillez-vous!"

  

 
Par Michaël Doukhan - Publié dans : Education nationale - Communauté : Politique française
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